Théories de l’apprentissage et rôles dans l’éducation canine -5

Dernier volet de cette série 🙂

Le contre conditionnement

Le contre conditionnement est souvent utilisé en éducation canine. Il s’agit cette fois de diminuer une réponse à un stimulus en déviant l’attention du chien par un autre stimulus. Prenons l’exemple d’un chien qui a peur de passer sur un pont en bois, pour l’y aider, il faut tenter de le motiver par autre chose qu’il aime, par exemple en lui montrant un jouet ou une friandise. Le faire nous suivre en ayant une voix enjouée, et lui montrer le stimulus plaisant. Lui donner dès qu’il aura franchi le pont. Ainsi on transforme sa peur du pont en moment de jeu où le pont n’est plus dans l’esprit du chien.

J’insiste ici sur le fait que prendre son chien dans les bras, le rassurer, lui parler avec douceur, ne ferait que renforcer sa peur. Et par la suite le chien aura toujours peur de passer le pont et voudra monter dans les bras.

=> Cette technique permet d’aider l’éducateur canin lors d’un exercice de socialisation en slalom. Il va utiliser aussi le contre conditionnement pour un chien qui aurait tendance à vouloir rencontrer d’office tous les chiens du slalom. Dans ce cas, on va devoir être très motivant, par la voix par exemple, afin que le chien fixe son attention sur son maître pour passer entre ses congénères sans y faire attention. Pour les binômes qui restent eux sur place, avec le chien assis, il se peut qu’il y ait un chien qui soit plutôt nerveux. Dans ce cas aussi on va demander au propriétaire de stimuler son chien sur un autre focus, tels une récompense, un jouet qu’il fixera, une caresse. Ces attitudes de la part du maître permettront de donner un signal au chien : même si un autre chien passe à côté de moi et que ça me rend nerveux, cela est positif car j’ai une récompense. Ainsi on conditionne le chien sur un aspect positif et on ne renforce pas son stress.

Le jeu

Le jeu est un excellent moyen d’apprentissage pour que le chien prenne conscience de son corps et de ses mouvements.

Il permet de renforcer la relation de complicité avec son propriétaire, et permet d’occuper le chien sainement. Il faut lors des jeux lui apprendre à répondre au rappel par exemple, en revenant avec un jouet. Le chien doit apprendre aussi à arrêter le jeu sur demande afin de contenir et faire diminuer son excitation. Le jeu peut aussi être la récompense pour de bons comportements lors d’une séance d’éducation canine.

=> Cette technique apporte à l’éducateur un levier de motivation important et ludique pour le binôme humain/chien.

La méthode positive utilise le jeu : un jouet peut être un formidable « objet de motivation » pour le chien, à savoir quelque chose qui le fera avancer plus vite, plus loin, plus haut et surtout plus joyeusement. C’est le principal atout de ces techniques. Outre le fait qu’elles soient inoffensives pour l’animal, elles améliorent considérablement l’envie du chien et donc son allure lors du travail à l’entraînement ou en représentation.

Mais il faut distinguer la motivation, qui s’utilise pendant le travail pour faire progresser le chien, et la récompense, qui intervient à l’issue de l’exercice et dont le but est de renforcer le comportement de celui-ci. L’inconvénient du jeu dans le cas de la motivation c’est qu’il interrompt le travail alors qu’une caresse ou une friandise non.

La connaissance des théories de l’apprentissage et des techniques est donc absolument nécessaire pour devenir éducateur canin. Car pour montrer la méthode aux propriétaires, il faut la connaître soi-même et être capable de combiner les différentes théories, en s’adaptant aux besoins du chien et à ses capacités. Connaître cela n’est toutefois pas suffisant. Il faut aussi à l’éducateur canin une bonne dose de savoir en communication humaine et canine, en respect des clients et des chiens.

Photo : CC Greything

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