Comment l’homme et le chien communiquent-ils ? – 6

Dans la communication inter-espèce, homme / chien, il faut connaître aussi ce qu’est la proxémie.

C’est Edward T. Hall, anthropologue américain, qui a créé le néologisme  » proxémie  » dans son livre  » La dimension cachée  » (1966).

Il en donne la définition suivante : la proxémie est « l’ensemble des observations et théories concernant l’usage que l’homme fait de l’espace en tant que produit culturel spécifique.» Aujourd’hui la proxémie a été généralisée aux animaux.

Une autre définition existe : « c’est l’étude de l’utilisation de l’espace par les êtres animés dans leurs relations, et des significations qui s’en dégagent ».

Comme on le voit sur ce schéma, le sujet (au centre du cercle) a une zone, un périmètre, dans lequel il doit être seul, c’est la zone personnelle. Si un individu entre dedans, le sujet peut alors se sentir en insécurité. Cette bulle de sécurité dépend de chaque sujet, selon son ontogénèse, sa phylogenèse, son histoire, etc. Ainsi un chien qui n’aura pas été socialisé par exemple aux enfants, aura son périmètre personnel plus grand si il est entouré d’enfants. Et si ceux-là tentent de s’approcher de lui, il pourra fuir pour garder sa « bulle », ou alors menacer pour faire fuir les assaillants. On comprend alors aussi que ce même chien pourra avoir une bulle plus petite avec son propriétaire, avec le chat avec lequel il vit etc. .

J.ORTEGA a écrit ceci :

La distance de sécurité très variable : elle sert à se préserver des prédateurs, mais aussi à respecter les positions hiérarchiques et à conserver un territoire de survie.

La distance de fuite : chez le chien elle se situe entre dix et vingt mètres. C’est la distance qu’il considère comme idéale, selon ses aptitudes propres et ses expériences, pour pouvoir prendre la fuite sans courir de danger, devant un ennemi. Tous les animaux en ont la notion, même l’homme qui ne s’attarde pas trop devant un rhinocéros ou un taureau qui charge, par exemple.

Le chien poursuivi se contente donc de conserver cette distance de sécurité entre le prédateur (être humain ou animal) qui s’approche, et lui. Il ne ressent pas trop d’angoisse, de stress, et en lui, volonté de fuite et volonté d’attaque sont en équilibre.

C’est le comportement qu’adoptent certains chiens envers des maîtres qui n’ont pas assez de volonté pour se faire obéir, ou qui brutalisent leur bête lorsqu’elle revient vers eux.

Le chien qui se trouve à cette distance de fuite, a les oreilles plus ou moins droites, selon son tempérament (dominant ou pas), et la queue basse ; l’inquiétude commence à se lire dans son regard et dans sa nervosité de sa démarche.

La distance critique : si le chien est acculé dans un coin et qu’il ne puisse pas fuir, il risque, à partir d’une certaine distance, d’attaquer, même un animal beaucoup plus fort que lui. Ce seuil de défense instinctive est également atteint si le chien est surpris alors qu’il dort ou qu’il mange, ou lorsqu’il ressent une vive douleur (quelqu’un lui marche sur la queue, par exemple).

On peut donner une dimension sécurisante à cette distance critique par un subterfuge qui consiste à interposer une barrière ou un grillage juste devant le chien. Les dompteurs et les vétérinaires qui travaillent avec les grands fauves, placent un bâton court en direction de la tête de l’animal. Nos amis suisses, utilisateurs de chiens de travail, se servaient de cette méthode pour éprouver le travail des chiens (non muselés) à la garde d’objet en face d’un homme qui n’était pas protégé par un costume matelassé : le bâton alors n’était qu’une arme de secours au cas où la bête abandonnerait l’objet pour attaquer.

Chez le chien domestique, la distance critique peut être évaluée, en fonction de son éducation et de ses expériences, entre un mètre et quelques centimètres.

Il faut faire remarquer que chez les canidés sauvages, tel le loup, cette distance critique est annihilée par le respect profond qu’ils éprouvent pour les bipèdes que nous sommes, et lorsque l’un d’entre eux tombe dans une fosse prévue pour la capture d’un autre animal, les éthologues canadiens peuvent le prendre dans leurs bras et le sortir sans risque. Ils sont même obligés de le pousser pour l’obliger à prendre la fuite.

Nos chiens ont, par contre, appris à vaincre leur soumission instinctive vis-à-vis de l’homme.

Photo : CC h.koppdelanay

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2 commentaires sur “Comment l’homme et le chien communiquent-ils ? – 6
  1. amon dit :

    Hello

    Est ce qu’il te serait possible de donner une légère définition des termes
    ontogénène
    phylogenèse

    merci

  2. Kanidikoi dit :

    C’est fait, merci d’avoir mis le doigt dessus 🙂

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